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PRÉSENTATEUR : Quand un patient reçoit un diagnostic de leucémie myéloïde chronique, les traitements disponibles varient dans les différentes régions du monde.
Mais les médecins considèrent que le traitement le plus efficace est un médicament appelé imatinib ou Glivec.
MALOISEL: Alors, le traitement standard de la leucémie myéloïde chronique est un traitement médical qui repose sur la prise d'imatinib, à la dose de 400 mg par jour quand la maladie est en phase chronique, et à la dose de 600 mg par jour pour les phases accélérées ou les phases blastiques. Ce traitement justifie une surveillance régulière, à la fois pour évaluer la tolérance du médicament, mais également d'effectuer le suivi de la réponse sous traitement.
PRÉSENTATEUR : Le suivi du traitement commence par un bilan sanguin car le premier objectif du traitement est la rémission hématologique. Différents médicaments comme l'Hydréa permettent de l'obtenir mais l'imatinib est le plus efficace.
TURHAN : Sur la réponse hématologique, ça a une efficacité remarquable. Je crois que c'est un des médicaments les plus impressionnants en oncologie qu'on ait jamais fait, parce que la plupart de nos malades, 90-95 % des patients ont une rémission hématologique très rapide.
PRÉSENTATEUR : Le suivi du traitement de la leucémie myéloïde chronique se fait également par des tests cytogénétiques. Il s'agit de repérer au microscope dans un échantillon de moelle osseuse du patient l'anomalie génétique à l'origine de la maladie: le chromosome Philadelphie.
GARDEMBAS : L'étape diagnostique et de suivi la plus précise, reste le caryotype médullaire. Ce caryotype médullaire, fait à partir d'une ponction de moelle osseuse dans la région sternale va permettre initialement de retrouver le chromosome Philadelphie, donc la translocation 9/22, et va permettre d'en préciser sa disparition. C'est un examen un peu douloureux, un peu astreignant pour le patient, mais qui nécessite d'être refait une fois par an, une fois tous les 18 mois par la suite, pour s'assurer que le patient reste bien en rémission cytogénétique, et qu'il n'y a pas d'autres anomalies, d'autres clones qui apparaissent.
PRÉSENTATEUR : La disparition du chromosome Philadelphie sur les tests cytogénétiques est un événement très significatif. Glivec est aussi le traitement le plus efficace pour maintenir cette réponse.
ROUSSELOT : ...à un an de traitement on a à peu près les trois quarts des patients qui vont avoir les critères de réponse cytogénétique, c'est-à-dire chez lesquels on ne pourra plus détecter les cellules porteuses du chromosome Philadelphie. Et finalement on va se rendre compte que cette proportion augmente dans le temps petit à petit, ce qui fait qu'avec le recul actuel sur le traitement par Glivec, qui est à peu près de l'ordre de 4 à 5 ans, on peut dire maintenant que 85 % des patients vont obtenir cette fameuse réponse cytogénétique complète, qui va être définie par la disparition complète, dans la moelle, avec l'examen des chromosomes des cellules porteuses du syndrome Philadelphie. […]
PRÉSENTATEUR : Mais le test cytogénétique n'est pas un examen très sensible car il ne permet d'observer qu'une vingtaine de cellules. Quand le chromosome Philadelphie devient indétectable dans la moelle par cette technique, il existe des méthodes de surveillance plus précises.
TURHAN : … il y a une autre méthode d'analyse. C'est une méthode en interphase qu'on appelle FISH. C'est une méthode fluorescente, alors que les cellules ne se divisent pas, on peut identifier le chromosome anormal par un changement de couleur entre deux sondes.
PRÉSENTATEUR : Une technique encore plus sensible existe dans certains laboratoires spécialisés: un examen de biologie moléculaire appelé PCR.
GUILHOT : C'est une technique artificielle d'amplification du gène dans le sang, polymerase chain reaction, réaction en chaîne, qui détecte le gène de la leucémie. C'est-à-dire qu'au lieu d'avoir un test qui serait négatif sur les cellules leucémiques du sang, on va se retrouver avec une technique qui va à peu près détecter une cellule sur un million ou une cellule sur dix millions. Et surtout, lorsqu'on va faire ce test tous les trois mois, on va voir une courbe sur du papier, avec une décroissance, dans les cas où les malades répondent au traitement, et donc quelque chose de visuel pour le patient.
PRÉSENTATEUR : Sous Glivec, certains patients atteignent le seuil de maladie moléculaire indétectable, un résultat rarement atteint avec les thérapeutiques antérieures.
Peut-on alors parler de guérison?
GUILHOT : Nous avons maintenant des cohortes de patients qui s'accumulent et qui n'ont plus aucun signe de la leucémie, qui ont un caryotype normal, qui ont une biologie moléculaire normale, et pour lesquels on se dit finalement, est-ce que l'on n'a pas éradiqué complètement toutes les cellules leucémiques ? C'est une vraie question, c'est une question importante, sur laquelle de nombreuses équipes travaillent, y compris les équipes françaises, et on pourra répondre à cette question dans trois ou quatre ans, à savoir si certains patients chez lesquels on a obtenu effectivement la rémission moléculaire, et chez lesquels on a arrêté le traitement, n'ont jamais rechuté. Donc on se donnera cinq à dix ans de recul pour oser prononcer le mot guérison.
PRÉSENTATEUR : Les médicaments ne permettent pas encore de guérir définitivement la leucémie myéloïde chronique, mais ce sont néanmoins des options thérapeutiques très efficaces. Avec un suivi rigoureux, les patients peuvent vivre plus longtemps et en bien meilleure santé.
MALOISEL :…aujourd'hui, le traitement de la LMC par l'imatinib, c'est devenu extrêmement simple. C'est des comprimés. Les gens vont bien. Il y a peu d'effets secondaires, et on a tendance à oublier, hé bien, que cela reste une maladie quand même sérieuse, et pour laquelle il faut absolument se plier aux surveillances biologiques, il faut vraiment vraiment insister auprès des patients, qu'il faut être strict dans la prise en charge et dans le suivi, et dans la compliance au traitement.
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